Essure est une méthode contraceptive
définitive. Elle consiste en l’introduction de micro-implants dans les
trompes de Fallope par les voies naturelles (vagin et col de l’utérus).
Aucune incision n’est nécessaire.
Au cours des semaines qui suivent, une
réaction naturelle se produit autour des micro-implants et bouche les
trompes. Celle-ci empêche les spermatozoïdes d’atteindre l’ovule de sorte
que toute fécondation devient impossible.
Les ovaires continueront à libérer des ovules
mais ceux-ci seront résorbés naturellement par l’organisme. Au bout de trois
mois, il est nécessaire d’effectuer un test de confirmation, étape
importante et incontournable de la procédure. Ce test permet de contrôler la
bonne mise en place des micro-implants et vous libère de toute contrainte.

Quelle est la composition des micro-implants ?
Les micro-implants sont composés de fibres de polyéthylène, de
nickel-titane et d’acier inoxydable. Ces matériaux ont fait l’objet d’études
et sont fréquemment utilisés depuis de nombreuses années en cardiologie (stents)
et dans d’autres spécialités.

Quel est le mécanisme d'action de l’Essure? Pourquoi
attendre trois mois après l’opération pour arrêter la contraception ?
La pose d’un micro-implant dans chacune des trompes de Fallope
entraine une fibrose en trois mois qui bouche la trompe. Le sperme ne peut
plus accéder à l’ovule, empêchant ainsi toute fécondation.


Puis-je faire confiance à la méthode Essure ?
Oui, Essure est efficace à 99,8 %.


L’intervention est-elle douloureuse ?
Habituellement, non. Certaines femmes signalent un inconfort ou
des crampes légères, similaires à celles d’un cycle menstruel normal, lors
de l’intervention ou après celle-ci.

La méthode Essure
est-elle réversible ?
Non, la méthode Essure n’est pas réversible. Comme pour la
ligature des trompes, Essure est une contraception définitive. Vous devez
donc être certaine que vous ne souhaitez plus avoir d’enfant.

Aurai-je encore mes règles ?
Oui, votre corps reprendra son cycle naturel. Certaines
utilisatrices d’Essure trouvent que leurs règles ont changé par la suite,
devenant plus ou moins importantes. Ces modifications sont souvent
temporaires et résultent habituellement de l’arrêt du traitement hormonal.

A quel âge peut-on bénéficier d’une ligature de
trompe ?
La loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 autorise toute
personne majeure. Cependant, depuis une décision parue dans le Journal
officiel du 31 août 2010, Essure n'est plus remboursé que pour les patientes
de 40 ans ou de plus de 40 ans. La ligature par cœlioscopie reste
paradoxalement remboursée avant 40 ans.
Dans la pratique, nous réalisons ce geste plutôt après 35 ans :
·
par
cœlioscopie jusqu’à 39 ans,
·
par méthode
Essure à partir de 40 ans.

Le chirurgien peut-il refuser de réaliser cette
opération si je la demande ?
Le chirurgien se réserve le droit de refuser votre demande,
notamment si il perçoit que vous n'êtes pas prête pour ce geste définitif et
irréversible. Cela est annoncé dès la première consultation. Il peut dans ce
cas vous adresser à un autre confrère. En cas d’hésitation, l’avis d’un
psychologue peut être demandé.

Y’a-t-il des conditions particulières ?
Une procédure particulière est à respecter : respect d'un
délai de réflexion de quatre mois, remise d'un
livret d’information, signature à
deux reprises d'une feuille de consentement… Tous les détails sont
disponibles dans le livret
"stérilisation à visée contraceptive"
édité par le
Ministère de la Santé.

Peut-on poser Essure sans anesthésie ?
Oui. Les patientes qui suivent cette procédure disent que
la douleur ressentie est en moyenne de 5 sur une échelle allant de 1 à 10.
L’avantage de cette procédure repose dans sa simplicité : pas de
consultation d’anesthésie, pas de bilan préopératoire (sauf test de
grossesse obligatoire), pas besoin d’être à jeun, arrivée quelques minutes
avant la pose, départ une heure après. Une grande majorité des patientes
choisit cette procédure.

Comment se passe la pose de dispositifs Essure sans
anesthésie ?
Vous avez pris une douche antiseptique la veille et le
matin de l’intervention. Quelques médicaments sont à prendre la veille et
avant la pose. Vous arrivez dans le service. On vous habille « en tenue de
bloc ». Un brancardier vous emmène au bloc. On vous installe. Réalisation
d’une petite toilette antiseptique. Introduction de l’hystéroscope
sans spéculum, Vous pouvez, si vous le souhaitez, suivre en direct sur
l’écran de contrôle. Vous ressentez de l’eau tiède dans le vagin. Au passage
du col, éventuelle sensation de spasme désagréable. La caméra visualise
l’utérus et au fond, de chaque coté, le départ des deux trompes. On se
positionne devant l’une d’elles. On y introduit le dispositif qui s’y déplie
très vite : nouvelle sensation désagréable passagère. Pose de l’autre coté.
Clichés photographiques et l’on retire l’hystéroscope. L’ensemble dure le plus souvent moins de 12 minutes.

En quoi consiste le test de confirmation trois mois
après la pose ?
Le test de confirmation Essure a lieu trois mois après
l’implantation afin de laisser le temps à votre corps de créer une barrière
naturelle autour des micro-implants Essure. Pendant cette période, vous
devrez continuer à utiliser une autre méthode de contraception pour éviter
de tomber enceinte.
Ce test est une radiographie et/ou une échographie de
confirmation du positionnement des micro-implants. Après la confirmation,
vous saurez que la méthode de contraception Essure utilisée seule est
fiable.
Selon les résultats de votre radiographie, un deuxième test
de confirmation peut s’avérer nécessaire. Ce test (hystérographie) utilise
un type de colorant spécial et la radiographie permet de confirmer le bon
positionnement des implants et l’obturation des trompes de Fallope. Vous
devrez continuer à utiliser une autre méthode de contraception jusqu’à la
confirmation directe du positionnement par votre médecin.

Y’a-t-il des contre-indications ?
L’allergie au Nickel est une contre-indication à la pose d’Essure.

Y a-t-il des risques opératoires ?
Oui, comme toute intervention chirurgicale.
Cependant, les risques associés à cette intervention sont très limités et
bien inférieurs à ceux liés à la ligature de trompe par
cœlioscopie.
-
Le risque principal, c’est l’échec de pose (5 à 10% des
cas) lié à un spasme ou à une forme particulière de l’utérus ou de la trompe
elle-même.
-
Le second risque, c’est la mauvaise pose (perforation,
torsion du dispositif…). La découverte d’une mauvaise pose peut être
immédiate (au moment de la pose) ou lors du contrôle par échographie et/ou
radiologie à 3 mois.
Dans ces deux cas, il ya risque de grossesse si on ne fait
rien ; il faut donc avoir recours à la ligature par
cœlioscopie.
Les risques d’hémorragie et d’infection sont très limités.
Enfin, il y a toujours le risque anesthésique le cas échéant.

Que se passe-t-il après l’intervention
Vous pouvez éventuellement ressentir des crampes légères comme
celles de vos menstruations. Après une période de surveillance rapide, vous
pourrez quitter le service, et vous reposer pour le reste de la journée. La
plupart des femmes peuvent retourner au travail et aux activités
quotidiennes le lendemain de l’intervention. Les relations sexuelles peuvent
être reprises habituellement deux jours après le traitement.
Dr Vincent Ducrotoy
Chirurgien-gynécologue-obstétricien